Ici

Un film écrit et réalisé par Barbara Sarreau avec Joris Lachaise, vidéaste
2010 57'47"




Un documentaire poétique et subjectif. Tentative de transmettre le regard subjective et l’expérience personnelle d’une rencontre et immersion dans un pays et plus largement dans un continent sans aspects politiques ou projections didactiques.

Portrait auto-fictif de genre volontairement détourné - portrait de chorégraphe à travers de montrer ce qu’elle voit, comment elle le voit, où le vidéaste doit s’intégrer que son corps soit un corps dansant.



« Le croisement de nos regards vise à saisir une autre fonction du geste chorégraphique. En décidant de réaliser ce film, nous nous engageons dans la convergence de nos regards, à prendre en considération ce que l’on pourrait appeler un “milieu”, et qui est l’espacement nécessaire à l’apparition du geste et à sa réception. Ici contribuera à l’ouverture de cet écart entre les corps, la culture ancrée en eux, et leurs modes de représentation culturels. Le “milieu” est la condition de la mise en acte aussi bien d’un geste que du regard qui le perçoit. En découvrant le milieu où le geste prend sa source, nous saisissons tout le sens et la nécessité d’accomplir ce geste.

Ce “milieu”, qui se situe entre deux continents, dans l’intervalle de deux villes, entre Marseille et Bamako, c’est Ici. Partant de la considération qu’Ici n’est donc pas une situation géographique, ni le lieu d’une installation définitive, mais l’intervalle qui se co-construit dans la rencontre de cultures, de corps et de regards différents.

Le film commence littéralement sur la route, dans le trajet vers l’autre Afrique. Mais le destin de ce trajet sera de se prolonger comme un retour.

C’est alors qu’Ici apparaîtra comme ce nouveau continent en acte, un milieu, territoire d’un langage et d’un corps propre. Ici désigne la mise en oeuvre (chorégraphique) du geste, lui-même engendré à la fois par le corps qui agit et qui danse, et par le corps qui voit et reçoit.

D’une certaine façon, le film Ici peut se traduire comme la nécessité de s’en remettre à une totalité qui s’impose de façon aiguë pour le corps de l’Homme à une rencontre particulière de la lumière et des corps. Mais aussi comme un certain acte qui accompagne l’action de la lumière, et qui en pénétrant la matière des corps leur donne leur brillance et leurs couleurs. »

Marseille, septembre 2010 – Joris Lachaise et Barbara Sarreau